« The Mastermind », de la cinéaste Kelly Reichardt, ou l’art de se perdre

Ana Maria Rus

Les humeurs, chez Kelly Reichardt, sont quasiment toujours diffuses, brumisées. Le point, comme on dit en photo, ne semble pas souvent fait pour ses personnages, enclins à l’errance indécise, au doute, à l’anesthésie – comme les figures de son camarade de Portland (Oregon) Gus Van Sant. Leurs sentiments sont trop mêlés ou gazeux, jusqu’à contaminer la texture même de ses films, toujours saisis dans un 16 millimètres pelucheux et une palette portée sur les gris, les bruns, les beiges sableux.

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